La structure d’un récit
Nous avons vu précédemment qu’il est essentiel de disposer de cinq éléments pour établir une première forme de récit. Cela constitue une structure de base sur laquelle fonder une histoire. Bien sûr, les personnages sont primordiaux, mais sans une structure solide, ils naviguent sans boussole.
La structure est l’élément fondamental du scénario. Elle représente la force qui maintient l’ensemble ; c’est le squelette, l’épine dorsale de l’histoire. Sans structure, il n’y a pas d’histoire. Et sans histoire, pas de scénario. Un scénario sans structure manque de fil conducteur, il erre sans direction, en quête de lui-même. Il est dénué de trajectoire, ce qui le rend non seulement incohérent, mais aussi ennuyeux et assommant.
À la base, tout récit s’écrit en trois actes, le début, le milieu et la fin. Certains préféreront: Exposition, Développement et Dénouement. L’important c’est de bien comprendre le rôle de chacun.
Paradigm de Syd Field
Syd Field mise beaucoup sur la notion de Paradigm. C’était (il est décédé) un scénariste américain qui a été très populaire dans l’écriture de scénario. Selon lui, tout film comporte 3 actes, deux pivots principaux et un pivot médian. Voici sous forme graphique ce que donne le Paradigm de Syd Field :

Voici un développement détaillé de chaque point de la structure narrative de Syd Field en trois actes.
1. Premier Acte (Exposition)
Le premier acte sert à introduire l’histoire et à poser les bases pour le reste du récit. Il est essentiel de capter l’attention du spectateur tout en introduisant les éléments clés de l’intrigue.
- Introduction des personnages et du monde : Le premier acte commence par la présentation des personnages principaux, du cadre et du ton de l’histoire. On apprend qui est le protagoniste (le personnage principal) et souvent, on a une idée de ses désirs, de ses objectifs et de ses défauts. Le monde dans lequel évoluent ces personnages est également établi — qu’il s’agisse d’un monde réaliste ou d’un univers fantastique.Cela inclut :
- La situation initiale : Où se trouvent les personnages, quel est leur état d’esprit au début de l’histoire, quelle est leur situation sociale, familiale, ou professionnelle ?
- Le cadre géographique, temporel et culturel : Est-ce que l’histoire se déroule dans le passé, le présent ou le futur ? Dans un cadre familier ou un monde fantastique ?
- Point d’incitation (Inciting Incident) : Le point d’incitation est l’événement ou la situation qui vient bouleverser la vie du protagoniste. Cet élément perturbe la stabilité de sa vie et l’incite à agir. Sans ce point, l’histoire n’aurait pas de raison d’être, car il fait basculer le protagoniste dans l’intrigue. Exemple classique : Dans « Star Wars », l’incident déclencheur est le moment où Luke Skywalker découvre que ses oncles ont été tués par les Stormtroopers, le poussant à se joindre à la rébellion.
- Fin du Premier Acte : À la fin du premier acte, il y a un changement majeur dans la dynamique de l’histoire : le protagoniste franchit un point de non-retour. Cela marque la fin de l’introduction et le début de l’aventure. Le protagoniste prend une décision importante, un engagement ferme pour résoudre le problème soulevé par le point d’incitation, ce qui le mène au second acte. Exemple : Dans « The Matrix », la fin du premier acte se produit lorsque Neo accepte de prendre la pilule rouge et de découvrir la vérité sur la réalité.
2. Deuxième Acte (Développement)
Le deuxième acte est souvent le plus long et est caractérisé par une série d’obstacles et de complications qui compliquent les objectifs du protagoniste. C’est également ici que les tensions dramatiques sont les plus fortes.
- Conflit et complications : Le protagoniste se lance dans l’aventure, mais il rencontre divers obstacles (physiques, émotionnels, psychologiques) qui compliquent sa progression. Ces obstacles viennent de l’antagoniste (personnage ou force opposée), des circonstances extérieures ou des luttes internes du protagoniste.Ce conflit grandissant entre le protagoniste et l’antagoniste est essentiel pour maintenir l’intérêt du spectateur. Ces tensions sont accentuées par des événements qui semblent pousser le protagoniste à l’échec.
- Point médian : Le point médian est un moment clé dans le récit, souvent considéré comme une tournure significative. Il marque un changement dans l’intrigue ou l’état d’esprit du protagoniste. Cela peut être un événement révélateur, un grand retournement de situation, ou un moment où le protagoniste prend une décision importante qui modifie la direction de l’histoire. Par exemple, dans « Titanic », le point médian pourrait être l’apparition du iceberg, qui va bouleverser le voyage et les relations des personnages, mettant fin à la période plus calme du film.
- Fin du Deuxième Acte (Climax) : La fin du deuxième acte est marquée par un climax, un moment de crise où le protagoniste est poussé à son maximum. C’est souvent l’endroit où tout semble perdu et où le héros semble incapable de surmonter l’adversité. C’est une phase où les enjeux sont les plus élevés, et le protagoniste est confronté à un obstacle qui semble insurmontable. Exemple : Dans « The Lord of the Rings », la fin du deuxième acte est le moment où Frodo et Sam se retrouvent dans la montagne du Destin, sur le point de perdre l’anneau.
3. Troisième Acte (Résolution)
Le troisième acte est la conclusion de l’histoire. C’est là que les enjeux atteignent leur apogée, et où les personnages résolvent le conflit qui les opposait à l’antagoniste ou à eux-mêmes.
- Climax (point culminant) : C’est l’instant décisif où tout est en jeu. Le protagoniste se confronte directement au problème central de l’histoire (antagoniste, situation, ou conflit interne) et trouve une manière de le résoudre, ou échoue. Cela détermine la fin de l’histoire. Le climax est l’apogée émotionnelle de l’histoire, souvent spectaculaire ou intense.Exemple : Dans « Avengers: Endgame », le climax est la grande bataille finale contre Thanos, où les héros affrontent leur ennemi dans une lutte décisive.
- Dénouement : Le dénouement est la phase qui suit immédiatement le climax et permet de résoudre les derniers fils narratifs. Après l’action intense du climax, il montre les conséquences des actions des personnages et de l’histoire. C’est l’occasion de donner au spectateur une conclusion satisfaisante, et souvent d’ouvrir la porte à des pistes pour de futures aventures, si nécessaire. Exemple : Dans « The Shawshank Redemption », le dénouement est le moment où Andy s’échappe de la prison et où le spectateur voit le dénouement de son histoire.
Résumé de la Structure Narrative selon Syd Field :
- Premier Acte : Introduction des personnages, du monde, et du conflit initial, suivi du point d’incitation qui lance l’histoire.
- Deuxième Acte : Le développement du conflit, les obstacles, et le point médian qui modifie l’intrigue, avec la fin du deuxième acte marquée par un climax.
- Troisième Acte : Résolution du conflit, le climax où tout est en jeu, suivi du dénouement qui permet de conclure l’histoire.
Cette structure est un cadre flexible, mais très utile pour guider l’écriture d’un scénario tout en maintenant un rythme narratif cohérent.
Pour lire plus de détails à ce sujet, je vous suggère de consulter cette référence web: Structure selon Syd Field.
Voici une bonne référence sur Youtube: Three Act Structure Explained