Le scénario

Le scénario

C’est ce que l’on appelle la continuité dialoguée, c’est le scénario qui comprend l’ensemble des scènes du film avec les dialogues. Cette étape consiste à ajouter des dialogues et des didascalies au traitement que vous avez écrit précédemment avec un certain formatage.

Dialogue

Vous devez vous demander quelle est votre intention derrière chaque scène, derrière chaque dialogue? Vous devez savoir pourquoi mettre du dialogue dans une scène? Mettre du dialogue pour mettre du dialogue ça ne sert à rien. Chaque dialogue est là pour faire avancer l’histoire et doit être motivé, justifié par et pour le récit.

Le dialogue a lui seul n’est que surface. Vous devez vous poser la question de ce qui se passe sous la surface. Vous devez voir en dessous de vos dialogues. En d’autres termes percevoir le sous-texte de votre … texte.

  • Le texte : la surface, les dialogues, les mots. Ce qui est dit, ce qui est vu.
  • Le sous-texte : sous la surface, les pensées, les sentiments, les comportements.

Tout dialogue dans la vie de tous les jours est bourré de sous-texte. Les êtres humains ne disent jamais frontalement ce qu’ils pensent. Il en va de même avec le scénario : une scène ne parle jamais de ce dont elle semble parler.

Notez que mon objectif ici n’est pas de vous montrer comment écrire des dialogues, l’exposé serait trop long, d’autant plus qu’il y a plein de bons articles à ce sujet sur le web. 

En voici quelques références:

Mise en page d’un scénario

D’une manière générale, le scénario est la transcription de ce qui être vu et entendu à l’écran : il s’agit de décrire, scène après scène (en respectant l’ordre chronologique de l’histoire, pas du récit), les décors, les personnages et leurs actions dans l’ordre dans lequel ils apparaîtront à l’écran. Il n’existe pas une mise en page de scénario qui soit universelle. Il convient dès lors de choisir celle qui convient le mieux à son projet et/ou à son destinataire et de s’y tenir tout au long de la rédaction. Il est essentiel que le scénariste construise une forme qui soit avant tout cohérente. La mise en page force le scénariste à réfléchir non seulement à des considérations d’ordre dramaturgique, mais aussi à des considérations d’ordre technique.

La continuité dialoguée est la forme contemporaine du scénario excluant toutes les indications de caméra ou de cadrage qui seront réservées pour le découpage technique. Quelques règles de base • Une page de scénario = une minute à l’écran ; • Ne cherchez pas à sortir du lot en personnalisant votre scénario ; pas de couleurs, pas de dessins, de schéma ou tout autre inscription picturale superflue ; • Éviter les polices de caractères extravagantes. Préférez l’Airial, le Times New Roman ou le Courrier New (grandeur : 12 à 14 points) ; • Le titre du film figure sur la page de garde en majuscules ainsi qu’en haut de la première page ; • La grammaire et l’orthographe doivent être irréprochables ; • Numéroter les pages ainsi que les scènes. • Il faut clairement distinguer les intitulés de scènes, les didascalies et les dialogues ;

A. L’intitulé

Chaque scène commence toujours par l’intitulé (« slugline ») qui est composé de trois termes qui offrent une indication de lieu général, standardisé dans sa forme (même ordre et en majuscule), varié dans son énonciation. L’intitulé est donc divisé en 3 parties (lieu, temps, endroit) et s’écrit toujours dans le même ordre, en début de scène et en majuscules :

  1. La première indication de lieu est toujours écrite en premier et alterne uniquement entre INTÉRIEUR et EXTÉRIEUR ;
  2. La seconde indication de lieu est plus précise que la précédente et vient toujours en seconde position. Il s’agit de l’endroit exact où se déroule la scène : LE DÉSERT, LA GARE, LA MAISON HANTÉE, L’INTÉRIEUR D’UNE VOITURE, etc.
  3. Le troisième et dernier terme est une indication de temps. Si cette indication alterne souvent entre JOUR et NUIT, elle peut varier et devenir plus précise : AUBE, SOIRÉE, MATIN, APRÈS-MIDI, CRÉPUSCULE, etc.
  4. Une quatrième information est parfois mentionnée dans l’intitulé. Il peut s’agir de FLASH-BACK ou FLASH-FORWARD pour signifier un retour en arrière (ou un saut en avant) dans le récit. Il peut également s’agir de la mention RÊVÉE pour signifier l’aspect onirique de la scène. Ou encore POINT DE VUE JEAN pour signifier que la séquence est vécue en caméra subjective à la place de Jean.
Exemples :

INTÉRIEUR – APPARTEMENT DE JEAN – NUIT

EXTÉRIEUR – LA PISCINE – MATIN – FLASH-BACK

B. Didascalies

Il s’agit d’une description brève, mais précise de l’action, des lieux et des personnages. Les didascalies doivent être claires et concises, pas littéraires et poétiques. La description de la scène doit contenir l’essentiel de l’action et mentionner les détails importants tels que les accessoires indispensables à une scène.

Il faut toujours écrire les didascalies à l’indicatif présent. Il ne faut donc pas écrire « Jean entra dans le bar et se dirigea vers la table du fond », mais « Jean entre dans le bar et se dirige vers la table du fond ».

Lorsqu’un personnage apparaît pour la première fois, son NOM doit être écrit en lettres majuscules. Si on ne connaît pas son nom, on écrit HOMME ou FEMME. De même, le nom des personnages qui ont un rôle actif dans le dialogue d’une scène proprement dit doit être écrit en majuscule.

Tous les énoncés de BRUITS ou de MUSIQUE ou de n’importe quels autres effets sonores (VOIX OFF) sont écrits en majuscules, même lorsqu’ils sont situés dans le corps du texte.

Pour rappel, il faut éviter les indications techniques (cadrage, mouvement de caméra, etc.), indications que l’on placera plutôt dans le story-board. Si toutefois des indications étaient absolument nécessaires, il faut les écrire entre parenthèses et en lettres majuscules (exemples : TRAVELLING, CAMÉRA AU RAS DU SOL).

Si le langage familier, voire la grossièreté peut trouver sa place dans les dialogues (dans la bouche des personnages), elle est inacceptable dans les didascalies ;

Un interligne dans la description suggère un nouveau plan.

C. Dialogues

Au niveau de la mise en page, les lignes de dialogue sont toujours centrées, avec une marge de chaque côté d’au moins 3 cm. On commence par :

  1. Le nom du personnage en majuscule.
  2. Le scénariste peut, dans certains cas, insérer, sous le nom et entre parenthèses, une directive très courte qui reflète l’action, mais aussi la personnalité et, autant que faire se peut, l’attitude du personnage. Par exemple : (il élève la voix), (indifférent), etc. Les directives plus longues doivent être inscrites dans le descriptif, sous peine de rompre la fluidité du dialogue. • Et enfin, le dialogue à proprement parlé. Les noms des personnages, à l’intérieur d’un dialogue, ne sont jamais en majuscules. Par contre, les mots (ou phrases) que crie un personnage doivent être en majuscule ;

Références :
Exemple d’un scénario
Mise en page d’un scénario